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Communiquer les conditions difficiles du marché de l’assurance administrateurs et dirigeants aux cadres et au conseil d’administration

Recommandations pour aider les membres de la direction à se préparer aux nouvelles peu encourageantes sur les conditions difficiles du marché actuel

À l’heure actuelle, la plupart des entreprises font face à une combinaison stressante de hausses des tarifs, d’augmentation de la rétention et de resserrement de la capacité en matière d’assurance des administrateurs et des dirigeants, ce qui place les gestionnaires du risque dans une position difficile au moment du renouvellement. Il est important de communiquer les réalités du marché à vos parties prenantes, qui n’ont pas l’habitude de voir des modifications importantes apportées d’une année à l’autre aux couvertures et aux primes d’assurance des administrateurs et des dirigeants. Il est important aussi de les aider à comprendre la position de risque unique de votre entreprise dans le contexte élargi du marché.

Au quatrième trimestre de 2020, les tarifs d’assurance des administrateurs et des dirigeants des sociétés ouvertes ont augmenté de 36 %[1]. L’augmentation des risques émergents, y compris divers problèmes liés à la pandémie de COVID-19, l’augmentation des litiges fondés sur les événements ainsi que d’autres facteurs, ont contribué au durcissement du marché déjà éprouvé de l’assurance des administrateurs et des dirigeants. De plus, la surcharge du marché de l’assurance des administrateurs et des dirigeants à l’égard des sociétés d’acquisition à vocation spécifique (SAVS) au cours des 18 derniers mois a également contribué à un déploiement plus délibéré de la capacité sur le marché. Par conséquent, les souscripteurs doivent maintenant adapter votre couverture à leur capacité limitée.

En cette période de risque accru pour les administrateurs et les dirigeants, voici des mesures pratiques que doivent prendre les gestionnaires du risque pour se préparer à rencontrer les cadres supérieurs, l’avocat général et le conseil d’administration.

 

Commencez tôt et soulignez les réussites

Ne surprenez pas vos parties prenantes en les informant d’augmentations importantes quelques jours seulement avant le renouvellement. Les experts recommandent que les gestionnaires du risque entament le dialogue trois ou quatre mois avant le renouvellement, voire plus tôt. Il est essentiel de rester en contrôle du message, particulièrement lorsque le marché est difficile. Des communications fréquentes, ouvertes et transparentes avec vos parties prenantes sont essentielles.

Entamez la première conversation en étant prêt à informer les parties prenantes des primes et des protections qui seront probablement mises en place compte tenu des conditions difficiles du marché. Les rencontres les plus réussies ont lieu lorsque le gestionnaire du risque communique de façon transparente le processus qui a mené à ses conclusions.

Une fois que vous aurez d’abord présenté l’état de la situation, vous serez en mesure de souligner les réussites relatives. Celles-ci peuvent comprendre une augmentation au niveau des échelons inférieurs du groupe des homologues de l’entreprise, la capacité de réduire le montant initial que l’assureur vous a accordé et une plus grande collaboration entre les services de gestion du risque, des finances et juridiques.

 

Fournissez des données et des analyses de premier ordre

Il est essentiel d’utiliser des données et des analyses pour étoffer la présentation de vos recommandations. Avec un cycle de renouvellement aussi difficile, votre opinion ou celle du courtier seules ne suffiront probablement pas. Vous avez besoin de chiffres.

Par le passé, les gestionnaires du risque n’utilisaient pas des données et des analyses pour établir une vue d’ensemble du profil de risque de l’entreprise lors du renouvellement annuel – il s’agit cependant d’une pratique essentielle dans le marché actuel. L’utilisation d’une plateforme d’analyse peut vous aider à examiner en profondeur les actions collectives en valeurs mobilières, votre bilan et la probabilité qu’une réclamation touche votre couverture R.C. avec clause pour risques inhabituels non indemnisables, et vous aider à rassembler les données de manière à ajouter des arguments à votre discours.

Examinez ces facteurs en dehors des circonstances particulières à votre entreprise :

Données relatives aux marchés

Outre les données sur les éléments que vous pouvez contrôler, c’est-à-dire votre entreprise et ses stratégies d’atténuation des risques, les parties prenantes doivent aussi comprendre les éléments incontrôlables, c’est-à-dire ce qui se passe dans le marché macroéconomique. Par exemple, la probabilité de litige en responsabilité des administrateurs et des dirigeants est plus élevée dans les trois années suivant le premier appel public à l’épargne d’une entreprise. Si vous êtes touché par ce problème macroéconomique, réfléchissez à la façon de l’aborder de votre propre point de vue d’atténuation des risques. L’objectif est de créer, en vue de la prochaine réunion de souscription, un argumentaire dans lequel vous reconnaissez les risques et prenez des mesures proactives pour les aborder.

Données relatives aux garanties

Examinez les garanties de vos entreprises homologues, mais n’oubliez pas que ces dernières ne sont pas nécessairement appropriées pour vous. Pour aider le conseil d’administration à se sentir à l’aise avec le montant de garantie qui vous est offert, communiquez les données de référence des entreprises homologues et le contexte entourant les facteurs qui entrent en ligne de compte dans les décisions relatives au montant de garantie global, comme les préférences du conseil d’administration, le coût historique, la disponibilité de la capacité ou le flottant public.

Données de réclamations

Certains secteurs ont une fréquence plus élevée de demandes de règlement, comme les sciences de la vie et la technologie. Votre courtier peut vous fournir des données propres à votre secteur que vous pourrez communiquer aux parties prenantes.

Autres données

Vous devriez aussi tenir compte des données sur les tarifs, de la modélisation passée, de la modélisation prédictive et de l’analyse de la baisse des actions, ainsi que des données montrant que vous avez obtenu le prix de rajustement du marché et les meilleures modalités, et que vous avez parcouru le marché de fond en comble à la recherche des meilleurs résultats disponibles en ce qui a trait à votre police d’assurance responsabilité des administrateurs et des dirigeants.

 

Anticipez les questions de votre public

Chacune de vos parties prenantes se concentrera sur un élément différent du renouvellement. De façon générale, le chef des finances sera préoccupé par la protection du bilan, l’avocat général sera préoccupé par la certitude des contrats et la couverture alors que les membres du conseil d’administration seront préoccupés par les deux facteurs, ainsi que par leur protection personnelle. N’oubliez pas que les membres du conseil d’administration seront personnellement responsables si l’assurance ne les protège pas. Ils peuvent se sentir exposés, surtout s’ils ne sont pas impliqués à part entière dans le déroulement des activités quotidiennes.

Voici quelques questions auxquelles vous devriez être prêt à répondre :

  • Serons-nous en mesure de renouveler en conservant la même couverture que nous avions auparavant?
  • Pourquoi le marché se comporte-t-il de cette façon?
  • Les modifications apportées à notre programme sont-elles attribuables aux risques liés aux administrateurs et aux dirigeants de notre entreprise ou découlent-elles du marché?
  • Pouvons-nous obtenir de meilleurs résultats en gérant nous-mêmes nos risques ou cette situation est-elle seulement attribuable au marché?
  • Avez-vous exploré tous les marchés pour vous assurer que nous ne pourrions pas y trouver la capacité?
  • Que font les entreprises semblables à la nôtre?
  • Avez-vous songé à utiliser une captive d’assurance ou une autre structure?
  • Quel était le processus à l’origine de vos recommandations? Quelles données avez-vous consultées?
  • Quels sont vos investissements en lien avec les marchés de l’assurance? Tirez-vous parti de votre avantage politique?
  • Dans l’ensemble, quelle est votre couverture sur un marché donné et avons-nous pu éviter des pertes?
  • Devrons-nous accepter une importante rétention et est-ce que notre bilan nous permettra de la conserver?
  • Quel est le montant de garantie approprié pour nous assurer d’être suffisamment protégés en cas de réclamation?

Il est important que les parties prenantes comprennent que même si les secteurs de l’assurance sont pour la plupart cloisonnés, il existe encore certains regroupements. Expliquez-leur la distinction entre les augmentations dictées par le marché et les augmentations propres à un risque, même si elles ne sont pas nécessairement ravies par l’une ou l’autre de ces éventualités.

 

Communiquez de manière continue

Pour gérer un renouvellement difficile, la clé consiste à garder les canaux de communication interne ouverts pendant les mois précédant le renouvellement, au lieu de mener une seule conversation. Tentez d’assister à la plupart des réunions du conseil d’administration et créez une boucle de rétroaction en communiquant les plus récents renseignements aux membres du conseil, qui pourront ensuite vous faire part de leur tolérance au risque. La préparation en vue d’un renouvellement devrait se faire sous la forme d’un dialogue afin que les parties prenantes aient la possibilité de vous faire part des paramètres de leur entreprise et de leur définition de la réussite.

Il y aura de bonnes et de mauvaises surprises au fil du temps, alors si vous avez correctement orienté les discussions afin que les parties prenantes puissent obtenir tout le contexte qui leur est nécessaire, elles pourront apprécier la valeur du message que vous leur transmettez. Et en ces temps où les conditions du marché sont difficiles, cela constituera une véritable réussite.


[1] Indice trimestriel de tarification de l’assurance des administrateurs et des dirigeants, quatrième trimestre de 2020 (en anglais)