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Comment aborder le renouvellement de l’assurance des biens dans un marché difficile

Après une année marquée par d’importants sinistres dus à des catastrophes et par l’impact continu de la COVID-19, il sera impératif que les gestionnaires de risques se placent dans la meilleure position possible en se préparant à des renouvellements difficiles d’assurance des biens. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre en 2021, et nos conseils pour préparer votre entreprise durant un durcissement du marché.


La dernière année a été importante pour les sinistres liés à des catastrophes en Amérique du Nord, même en dehors de la crise de la COVID-19. Les dommages matériels et les réclamations d’assurance qui en découlent n’ont cessé d’affluer en raison d’événements tels que la tempête hivernale Uri, la tempête de grêle de Calgary, les grands feux de forêt dans l’ouest des États-Unis et les manifestations dans plusieurs États.

 

Aon définit une catastrophe comme un événement naturel qui produit au moins une des conséquences suivantes : 25 millions de dollars ou plus en pertes matérielles assurées, 10 décès, 50 blessés ou 2 000 réclamations pour des dommages matériels aux maisons et aux structures.[1]

 

Les sinistres liés aux catastrophes naturelles ont chuté en 2018 et en 2019, mais ont grimpé à 74,4 milliards de dollars en 2020, soit une hausse de 88 % par rapport aux 39,6 milliards de dollars de 2019.[2] Un tel niveau et une telle fréquence de dommages matériels sont une préoccupation relativement nouvelle pour les gestionnaires de risques comme pour les assureurs. Par conséquent, le marché de l’assurance des biens se durcit depuis plusieurs années.

Les secteurs qui ont été les plus touchés sont ceux de l’énergie, de l’immobilier, de l’hôtellerie, des soins de santé, de la fabrication, du commerce de détail, de l’enseignement supérieur et des organismes publics. Cependant, le nombre croissant d’événements climatiques indique que pratiquement toutes les organisations propriétaires de biens pourraient être à risque. Et la COVID-19 a créé des tensions supplémentaires : Les efforts de prévention des sinistres sont plus difficiles, le règlement des sinistres prend plus de temps, l’examen des contrats est de plus en plus minutieux et les frais de défense en cas de litige augmentent. Tous ces facteurs ont créé un environnement très difficile pour les gestionnaires de risques à l’approche des renouvellements.

Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre en 2021, et nos conseils pour aider votre entreprise à se préparer.

 

Oubliez tout ce que vous avez appris des cycles précédents

Les gestionnaires de risque ne pourront pas comparer utilement cette année avec les renouvellements de mémoire récente, alors essayez d’aborder le défi avec un regard neuf et de la souplesse. Vous devrez probablement payer les mêmes coûts que les années précédentes, ou plus, mais avec une rétention beaucoup plus élevée. Les coûts d’assurance augmentent généralement chaque trimestre, et de nombreuses entreprises ont déjà des difficultés financières en raison de la pandémie. Même s’il n’existe pas de solution unique pour réduire les coûts, les gestionnaires de risque doivent envisager diverses options pour couvrir le risque, notamment :

  • Conserver une plus grande part du risque en réduisant les limites, en augmentant les rétentions ou en réexaminant l’étendue de la couverture;
  • Avoir recours à une captive d’assurance, qui peut officialiser les franchises auto-assurées et offrir une couverture flexible;
  • Déployer des produits paramétriques ou d’autres modes de transfert de risques qui offrent d’autres déclencheurs fondés sur un risque indexé ou une indemnité pour un large éventail de risques.

Ce ne sont pas toutes les entreprises qui ont la résilience financière nécessaire pour assurer une rétention importante. Et certains secteurs connaissent des périodes de contraintes plus longues que d’autres. Si vous souscrivez moins d’assurance sur le marché et subissez un sinistre, vous devrez probablement en assumer les conséquences financières. Alors, utilisez les outils d’analyse de pointe à votre disposition pour évaluer votre tolérance interne au risque et déterminer comment vous pouvez adapter votre programme.

 

N’oubliez pas : Cette année, l’objectif est d’optimiser la valeur globale, même si les coûts peuvent être plus élevés que ce que vous souhaiteriez.

 

Bien qu’il puisse être extrêmement frustrant d’être à ce point touché par le durcissement du marché, en particulier si vous n’avez pas encore subi de catastrophe, n’oubliez pas que les compagnies d’assurance ne font pas de profits dans le secteur de l’assurance des biens à l’heure actuelle, car la valeur des réclamations et les dépenses continuent de dépasser les primes. Tant que la rentabilité des compagnies d’assurance ne sera pas rétablie, les tendances actuelles du marché se maintiendront.

 

Communiquez avec les parties prenantes tôt et souvent

Les dirigeants éprouvent beaucoup d’anxiété et de frustration à l’égard du durcissement du marché, surtout s’ils n’avaient pas subi de sinistres jusqu’à maintenant. Il incombe au gestionnaire de risque d’aider les parties prenantes à comprendre ce qui se passe.

De nombreux chefs des finances sont plus engagés dans les discussions sur le renouvellement en 2021 qu’ils ne l’étaient par le passé, car l’assurance des biens représente un chiffre plus élevé dans le budget que les années précédentes. Compte tenu de l’évolution du paysage des risques, il est probable que les autres cadres supérieurs s’y intéressent également de plus près cette année. Entamez le dialogue tôt, renseignez les cadres supérieurs sur le contexte du marché s’ils ne sont pas déjà informés et tenez-les au courant dès que vous recevez de nouveaux renseignements de votre courtier et de votre assureur. Lorsque vous communiquez souvent avec eux, vous créez une occasion de partager des surprises positives parmi toutes les mauvaises nouvelles.

N’oubliez pas que les gestionnaires d’immeubles et d’installations sont aussi vos parties prenantes. Assurez-vous qu’ils savent à quoi s’attendre afin de pouvoir vous aider à atténuer les risques sur le terrain.

 

Attendez-vous à un retard dans la prise de décision

Lorsque les réclamations atteignent un certain niveau de coûts pour les assureurs, le processus commence à ralentir, et le pouvoir décisionnel est consolidé entre moins de personnes. De plus, les décideurs hésitent à aller de l’avant sans l’avis de leur conseiller juridique et d’autres experts. Cela crée un goulot d’étranglement pour le règlement des sinistres et beaucoup de frustration pour les clients.

En général, les réclamations sont de plus en plus compliquées et plus fréquentes, et de nombreux aspects d’une réclamation qui étaient autrefois négociables ne le sont plus. Si on ajoute à cela les litiges potentiels et les frais de défense importants liés aux réclamations concernant la COVID-19, on comprend que les entreprises doivent se préparer à ce que tout prenne plus de temps.

Quatre choses que vous devez savoir au sujet des réclamations et des litiges liés à la COVID-19

  1. Certains assureurs paient certaines réclamations au titre d’extensions de garantie pour maladies transmissibles, selon le déclencheur de l’extension pour maladie.
  2. Les assureurs de biens des États-Unis refusent les réclamations liées à des pertes physiques liées à la COVID-19, car ils estiment que la COVID-19 et les décrets de fermeture ne constituent pas des pertes physiques au sens strict.
  3. Les exclusions liées au virus augmentent la probabilité statistique qu’un juge de première instance accueille une demande de rejet d’une couverture liée à la COVID-19.
  4. Les assureurs peuvent présenter des défenses qui vont au-delà de l’absence de pertes physiques et de l’exclusion des virus, comme l’exclusion relative à la contamination ou à la pollution, la privation de jouissance, l’exclusion de la perte de marché, les délais de prescription des accidents et des poursuites.

 

Le taux de roulement élevé au sein des compagnies d’assurance, en particulier au sein du service des réclamations, est un autre facteur récent qui éloigne les acheteurs du résultat qu’ils souhaitent obtenir. Les relations sur lesquelles les entreprises comptaient depuis de nombreuses années pourraient ne plus exister, même à un niveau très élevé. Toutefois, même si votre relation avec votre souscripteur est intacte, elle peut ne plus présenter les mêmes avantages qu’auparavant en raison de la diminution du pouvoir de décision.

 

Examiner votre risque conservé dans son ensemble

L’assurance des biens n’est pas le seul secteur d’activité dont il faut tenir compte dans les décisions relatives à ce renouvellement. Les entreprises devraient réévaluer leur principe directeur en matière de risque, car la dureté du marché ne disparaîtra probablement pas de sitôt. Les professionnels du risque devront parvenir à un consensus dans l’ensemble de l’organisation sur le niveau de risque qu’elle est prête à prendre. Les chefs des finances et les autres hauts dirigeants devront concilier l’appétit pour le risque des diverses unités opérationnelles et de l’ensemble de l’entreprise.

Les gestionnaires de risques doivent additionner tous les différents risques qu’ils retiennent dans l’ensemble et comprendre ce que cela signifie pour l’entreprise. Lorsque les gestionnaires de risques présenteront leur stratégie de renouvellement aux parties prenantes, proposez plus d’une option et soulignez les réussites parmi les défis.

Voici quelques bonnes nouvelles : De nouveaux capitaux pour les instruments de réassurance existants et les nouvelles entités sont introduits sur le marché en 2021. Malheureusement, les nouveaux marchés ne rendent pas les tarifs plus concurrentiels pour l’instant. Mais l’occasion existe toujours pour de nouveaux produits qui pourraient apporter un certain répit aux acheteurs.

Enfin, n’oubliez pas que le marché de l’assurance est cyclique et qu’il finira par s’assouplir. Entre-temps, commencez tôt et concentrez-vous à être aussi informé que possible afin de pouvoir prendre des décisions entre le risque conservé et le risque transféré.


[1] Facts + Statistics : U.S. Catastrophes, Insurance Information Institute (en anglais)

[2] Facts + Statistics : U.S. Catastrophes, Insurance Information Institute (en anglais)